portrait CHristophe Varvier, Easydis et David Sanz Dos Frutos, Aoste.
Christophe VARVIER, directeur de la plateforme logistique d’Easydis de Grigny (à gauche) et David SANZ DE FRUTOS, directeur logistique du groupe AOSTE (à droite)

Christophe Varvier, vous avez participé aux travaux de Perspectiv’Supply et notamment ceux concernant l’harmonisation des cahiers des charges de palettisation (en savoir plus) ?

Christophe VARVIER : Oui, nous avons mis en œuvre les 3 cahiers des charges de palettisation avec nos fournisseurs sur notre site de Grigny. J’ai pris l’initiative de diffuser ces repères communs à l’ensemble des plateformes de notre groupe. Cela répondait bien à nos besoins, et désormais, nos cahiers des charges groupe reprennent les préconisations construites dans le cadre de Perspectiv’Supply.

Avez-vous appliqué ces cahiers des charges à tous vos fournisseurs ?

Christophe VARVIER  : Ces trois types de cahiers des charges recouvrent environ 90% de nos fournisseurs. Mais pour certains dont la typologie de commandes et de produits est particulière, cela ne répond pas à nos besoins. C’est le cas pour des produits comme la charcuterie, le fromage, ou d’autre fournisseurs qui ont un grand nombre de références. Et c’était le cas pour Aoste.

David Sanz De Frutos : En effet, chez Aoste on compte 1100 références différentes, et le nombre de colis par lignes articles peut être très faible. Nous ne pouvons donc pas palettiser nos produits par couche ou par cheminée, puisque les volumes par article ne sont pas suffisants pour cela : en effet 40% de nos volumes expédiés sont inférieurs à 3 colis.

Quelles étaient les difficultés liées à cette spécificité ?

Christophe VARVIER : Ces petits volumes amenaient des problématiques de contrôle de références à la réception. Pour vérifier que nous avions reçu les bons produits, il était nécessaire de démonter toute la palette, et de recompter individuellement les colis. Nous perdions beaucoup de temps en réception pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’erreur ou de manquant.

David Sanz De Frutos  : En conséquence, nous avions beaucoup de litiges, déclarant les palettes reçues comme mélangées. Mais comme nous recevons les déclarations d’anomalies bien après la réception et que nous n’avions pas de visibilité sur ce qui nous était reproché, il était difficile de mettre en place des actions correctives. Pourtant de notre côté nous avions plutôt l’impression de bien faire notre travail et d’expédier nos produits avec un très bon taux de service.

Comment avez-vous résolu ces difficultés ?

David Sanz De Frutos  : J’ai proposé une rencontre à Christophe Varvier pour démêler cette situation.

Christophe VARVIER : Nous avons reçu l’équipe d’Aoste sur notre plateforme, avec notre responsable réception et notre responsable d’exploitation. Nous avons discuté autour des palettes en question, et les techniciens ont vite compris ce qui posait problème.

David Sanz De Frutos  : Tout à fait ! De notre côté, les préparateurs de commande préparent les palettes en spirale, en tournant autour de la palette et déposant les colis par nombre décroissant d’articles, en suivant le bon de commande. Alors que côté Easydis, les réceptionnaires démontaient la palette par un côté, et ne retrouvaient pas les références attendues sur le bon de commande, d’où la conclusion que les palettes semblaient mélangées.

Une fois ce point identifié, quelle transformation avez-vous mise en place ?

Christophe VARVIER : nous avons décidé d’une solution extrêmement simple ! Pour que nos réceptionnaires retrouvent le fil conducteur du montage de la palette, les équipes d’Aoste ont proposé de coller en haut de chaque palette une étiquette avec une flèche indiquant le sens de montage de la palette, pour que les réceptionnaires sachent dans quel sens démarrer le démontage.

C’est tout ?

Christophe VARVIER : Oui, c’est tout !

Et ça marche ?

Christophe VARVIER : Oui ! On observe bien moins de stress lors du démontage des palettes pour ce fournisseur, c’est plus simple et confortable pour les équipes. On enregistre beaucoup moins d’erreurs de réception.

Cette approche pourrait même se décliner aux autres fournisseurs avec la même typologie de commandes à faibles volumes.

David Sanz De Frutos  : de notre côté, cela n’a rien changé pour les préparateurs de commande, si ce n’est l’ajout d’une étiquette. Et nous avons désormais beaucoup moins de litiges avec ce client.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

David Sanz De Frutos  : Si nous avons pu trouver cette solution en apparence très simple et accessible, c’est parce que nous sommes dans une relation de confiance. Cette relation s’est construite grâce aux travaux menés dans Perspectiv’Supply, et ce depuis maintenant plusieurs années.

Christophe VARVIER : Grâce à cette méthode de travail, nous prenons conscience des contraintes de chacun des acteurs de la chaîne logistique, et ce, jusqu’au magasin. Nous construisons des solutions simples à mettre en œuvre, sans contrainte supplémentaire pour nos organisations, qui permettent de faciliter le travail des opérateurs de l’exploitation.